Le chanvre est une culture magique ! Elle laisse les sols propres grâce à son pouvoir étouffant vis-à-vis des adventices, elle est peu gourmande en eau et surtout elle n’a besoin d’aucun produits phytosanitaires, donc c’est une culture très intéressante pour la protection de la ressource en eau. Très cultivée en Bretagne aux siècles derniers pour fabriquer les voiles de nos bateaux, elle a peu à peu disparu de nos paysages, au profit de cultures plus rentables, destinées à l’alimentation de nos animaux d’élevages.
Elle nous intéresse particulièrement dans Terres de Sources, pour apporter des solutions de rotation zéro phyto aux agriculteurs qui s’engagent dans le programme.
Afin de proposer aux agriculteurs cette « nouvelle » culture, il était nécessaire d’identifier tous les points critiques, les freins, les verrous, et les étapes clés. Nous avons donc souhaité cette année mener une expérimentation sur quelques ha.
4 agriculteurs conventionnels et 1 agriculteur bio ont rejoint l’aventure, et se sont jetés à l’eau.
Accompagnés de la Chambre d’Agriculture pour mener cette expérimentation, nous avons dû franchir quelques étapes.
Dans un premier temps, il a fallu faire le choix de la variété, choix orienté principalement par le débouché visé.
Notre ambition de départ était de tester la double valorisation de la paille et de la graine, nous avons donc choisi de tester une variété mixte.

Pendant que le chanvre poussait…
Nous avons rencontré plusieurs entreprises de transformation : ATIL, une start Up Morbihannaise qui produit des emballages alimentaires, Agrochanvre, une chanvrière Normande, et la CAVAC, une coopérative Vendéenne possédant une chanvrière. Ces rencontres ont été riches de conseils techniques, et nous ont permis de trouver des débouchés.
S’est ensuite posée la question de la récolte. Le chanvre étant une plante à fibre, il nécessite des outils de récolte adaptés.
Du fait de sa motivation pour le projet, l’entreprise de travaux agricoles Hamon de Guer a été choisie pour nous accompagner dans ce projet.

Les différentes étapes de récolte ont été testées avec succès : fauche de la paille, fanage, andainage, pressage. 80 tonnes de paille de chanvre sont désormais bien au sec sous les hangars des agriculteurs. Ils sont destinés en partie à ATIL et à la CAVAC qui les transformeront en biomatériaux.
L’expérimentation aura permis d’identifier tous les points critiques afin de pouvoir l’année prochaine, proposer l’essai à d’autres agriculteurs.


Les bénéfices agronomiques vont être suivis, mais déjà la culture semble tenir ses promesses, comme le témoigne Paul RESLOU, agriculteur à Quédillac.
Prochain objectif : engager pour 2025 une vingtaine d’agriculteurs sur les bassins versants d’alimentation en eau potable du Bassin Rennais.
L’histoire du chanvre Terres de Sources ne fait que commencer….